Jeanne et les frères Bureau

Jeanne d'Arc à Thieux
Le 13 août 1429, l'armée de Charles VII est à Dammartin, l'armée anglaise à Mitry et leurs avant-gardes ne sont séparées que par la Biberonne. La légende (ou l'Histoire ?) veut que Jeanne d'Arc soit venue à Thieux, qu'elle y ait entendu la messe et qu'elle soit montée sur la colline dite "des Hazards" surmontant la Biberonne, pour y observer l'armée anglaise.
Une croix dressée sur cette colline a longtemps commémoré cet évènement avant de disparaître au XIXème siècle. Après la 2ème guerrre mondiale une nouvelle "Croix de Jeanne d'Arc" a été érigée sur le socle de l'ancienne pour célébrer la victoire de 1945. Elle est l'oeuvre de Charles Jacob qui était alors professeur d'arts plastiques au collège de Juilly.


Croix de Jeanne d'Arc                    
Tête de Jeanne d'Arc












inscription













L'histoire des périples de Jeanne d'Arc en Seine et Marne fait l'objet d'un article de M. Jacques Le Roy dans le n° 42 de la revue de l'association des Amis des Monuments et des Sites de S & M.

Jean Bureau
Par une coïncidence remarquable, cette croix se trouve implantée pratiquement sur un terrain ayant appartenu à Jean Bureau, celui qui devait venger Jeanne quelques années plus tard et terminer la Guerre de Cent Ans! Le destin de cet homme est extraordinairement semblable à celui de Jeanne d'Arc si ce n'est qu'il n'a jamais dit avoir entendu des voix!

C'est un roturier, né en Champagne vers 1390, et venu à Paris avec son jeune frère Gaspard faire des études de droit. Jeanne d'Arc est brûlée en 1431. Les anglais triomphent. A cette époque les frères Bureau mènent une petite vie bourgeoise à Paris. Ils travaillent dans l'administration des finances, l'aîné comme receveur, le cadet comme maître des comptes. Les deux frères quittent Paris occupé par les anglais, abandonnent famille et emplois pour rejoindre l'armée de Charles VII. A près de cinquante ans, Jean est un vieux pour l'époque. Il n'est ni noble ni militaire et pourtant il va être chargé avec son frère de diriger l'artillerie au siège de Meaux en 1438!

L'artillerie en 1438, ce sont de gros mortiers en fonte où l'on entasse de la poudre et un boulet de pierre. Au mieux, celui-ci va s'écraser sur les murailles. Au pire, il se coince dans le tube et le canon explose en tuant les artilleurs!
Meaux est prise. Le roi nomme alors Jean Bureau Grand Maître de l'artillerie. Gaspard est son adjoint. Les deux frères vont entreprendre de réformer l'artillerie. Ils font fondre des canons de calibre plus petit et des boulets métalliques de même diamètre. Leur portée est plus longue et les obus pénètrent les murailles qu'ils font exploser. Les résultats ne se font pas attendre: une à une toutes les places fortes de Normandie et d'Ile de France tombent en quelques années.

Au début des années 1450, la reconquête de la France est achevée. La Bretagne s'est ralliée au roi et lui a même envoyé un contingent de cavalerie. Il ne reste plus d'anglais qu'en Guyenne qui est une province anglaise. Charles VII décide de les attaquer chez eux. Bordeaux est prise mais bientôt les français en sont chassés par les bordelais eux-même qui ne veulent pas payer d'impôts et qui veulent continuer à vendre leur vin aux anglais! Ils  appellent ceux-ci à l'aide. Les anglais leur envoient une armée sous les ordres du général Talbot. L'armée française revient et s'arrête devant la forteresse de Castillon. Les frères Bureau font établir une butte de terre de plus d'un kilomètre de long derrière laquelle ils installent quelques 300 canons! La cavalerie bretonne est gardée en réserve. L'amée anglaise doit franchir un gué sur la Dordogne avant d'atteindre le camp français.
 Le 21 juin 1453, lorsque l'armée anglaise arrive devant le camp français, il n'y a pas de combat: les frères Bureau déclenchent leur artillerie. C'est un carnage. Talbot est tué. Les survivants s'enfuient, poursuivis par la cavalerie bretonne. La Guerre de Cent ans est terminée. Castillon s'appelle désormais "Castillon la bataille".
Les frères Bureau sont couverts d'honneurs et de richesses tant par Charles VII qui les annoblit que par son successeur Louis XI qui les sacre chevaliers. Jean s'achète un fief à Thieux près de son ami, le comte de Dammartin, son frère Gaspard  s'établit à Villemomble dans le 93.


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